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Les 3 faces du Ventoux

mini img19Dans l'idée de me tester un peu et de voir comment je peux passer un dénivelé conséquent, en vue d'un possible truc dans une semaine, je décide vendredi après midi d'aller le lendemain me garer à Malaucène et de me faire les 3 ascensions du Ventoux. J'aime bien ce coté 'rien de prévu', ça garantit au moins le beau temps.
Le club ayant prévu une sortie Ventoux par Bédoin ce même jour, l'idée est de monter une première fois par Malaucène, redescendre à Bédoin, rencontrer le club, remonter avec eux, puis redescendre sur Sault pour la dernière montée. Je sais que d'autres gars du club ont aussi l'intention de faire 2 montées, alors peut être que j'en verrais quelques un.

Voila ce que ça donne: pas beaucoup de kilomètres, mais 4300m de D+ pour 65 kms d'ascensions, soit 5h10 d'effort plus ou moins soutenu à une V.A.M globale de 860 m/h (mais variant en fait de 979m/h sur la première montée, à 935m/h sur la montée de Bédoin, à 677m/h sur la montée de Sault dont la distance est plus longue et la pente moins sévère).

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Je démarre donc de Malaucène, avec 1 km d'échauffement seulement avant de mettre le chrono en route pour la première montée. La dernière fois, c'était il y a 6 semaines avec Patrick et ses copains, et la pluie glaciale m'avait fait faire demi tour au bout de 12 kms. Il n'en sera pas de même aujourd'hui avec une très belle météo prévue toute la journée. J'ai tellement confiance que je n'ai d'ailleurs pris ni coupe vent ni manchettes pour les descentes. L'attaque est tout de suite assez raide et je m'applique à rester souple et facile, il faut penser à mettre de coté tout de suite si on veut encore avoir à dépenser à la fin de la 3ème montée. Au km 5, il y a un passage nettement plus facile durant 4 kms environ, mais ne nous affolons pas, ce qu'on ne monte pas maintenant, on va le monter les 3 kms suivants à 10-12% avant d'arriver au Mont Serein où on a encore droit à 2 kms de replat. Je rattrape Bernard et Thierry, ce dernier en train de vérifier la corrélation qui existe entre la montée sur son home trainer (1h24, arfff), et la réalité: Alors Thierry, combien de différence? Les 5 derniers kms, avec vue sur l'antenne, sont réguliers et durs.

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Malaucène: 21.1 kms, 1535m D+, pente moyenne:7.3%, 1h34, 979m/h, FCMy:162

Je suis parti en retard, ça va être juste pour avoir le temps de redescendre à Bédoin avant que le club n'y passe. D'autant plus que depuis ma piqure de rappel des conséquences qu'il y a à chuter, j'ai très nettement augmenté mon niveau de prudence. Il y a aussi énormément de monde qui monte, et régulièrement une voiture qui pense qu'il n'y a pas de problème à passer au milieu en te laissant un mètre de chaussée pour te laisser passer. Il n'est pas évident de contrôler sa vitesse sans être tout le temps en train de freiner. Ce qu'il faut éviter bien sûr si on ne veut pas échauffer la jante, et la chambre à l'intérieur, à tel point qu'on risque réellement un éclatement. Pas facile, ni reposant, de contrôler et rester concentré pendant les 30 minutes qu'il faut pour faire cette descente. C'est après le virage de St Estève que je croise les premiers du club suivis quelques centaines de mètres plus loin par le gros de la troupe. Comme je veux faire des montées complètes, je fais juste un signe en passant et continue jusqu'à Bédoin.

Un rapide stop à la fontaine pour remplir les bidons, et je repars, enclenchant le chrono pour la seconde montée. Je ne profite pas des 5 premiers kms faciles pour accélérer et gagner du temps, je reste toujours souple. La descente quasiment sans pédaler ne laisse pas les jambes dans un état propice à reprendre immédiatement un effort, et cette partie à 5% est idéale pour remettre en marche. Au virage de St Estève, c'est le véritable début de la montée: 10 kms à 9% sans un seul mètre pour relâcher un peu avant Chalet Reynard. C'est dans cette partie que je double Thierry pour la seconde fois de la journée, avec 3 autres gars du club. Ma montée est bien régulière, et j'enroule toujours mon petit braquet de façon assez souple en pensant à remonter la jambe autant qu'à pousser. Après Chalet Reynard, je sais qu'il y a un passage pour récupérer. Non pas que ça ne monte plus (6 ou 7%), mais après le morceau précédent, on sent vraiment beaucoup moins de résistance. De plus, chaque rampe est suivie d'un virage avec un petit replat qui permet aussi de relâcher pendant 20m. C'est par là que je rattrape encore Gilles et Alain. Les 2 derniers kms sont à 9% et soumis à un petit vent défavorables ce qui m'oblige à forcer un peu pour rester à plus de 10 km/h. Là haut, je retrouve une partie du club. J'y resterais 30 minutes, prenant le temps de discuter, manger et décider de la suite: est ce que je pars pour une 3ème?

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Bédoin: 21.3 kms, 1622m D+, pente moyenne:7.6%, 1h44, 935m/h, FCMy:159

Je mets alors en place un stratagème mental: descendons à Sault, et là bas, je déciderais si je remonte ou si je rentre par les magnifiques gorges de la Nesque et le petit col de la Madeleine entre Bédoin et Malaucène. Ça fait des années que je n'étais pas descendu à Sault par cette face, et je ne l'ai jamais monté non plus. Le revêtement vient d'être refait et c'est maintenant un vrai billard. La pente n'est pas violente et j'ai même l'impression que je pourrais remonter grand plateau. A Sault, arrêt boulangerie pour une grosse tarte aux myrtilles, remplissage des bidons, et allons y pour cette 3ème montée, qui commence par une descente.

Bien que le chrono soit démarré à Sault, la montée proprement dite ne commence qu'un peu plus loin, au milieu des champs de lavande, par 10 kms à 5%. Puis, 7,5 kms à 2,2% permettent d'enrouler un plus gros braquet jusqu'à Chalet Reynard. Pour le reste, c'est comme pour la montée de Bédoin. C'est une montée globalement agréable au milieu des sapins, sur une route d'une (maintenant) très belle qualité. Les 6 kms qui restent sont du coup abordés bien plus facilement. Je les ai d'ailleurs montés en seulement 2 minutes de plus que lors de la montée depuis Bédoin et avec 10 pulses de moins. Il faut aussi remarquer, je ne l'avais pas réalisé, qu'il y a 400m de dénivelé de moins à monter par cette face. Je ne m'arrête cette fois pas au sommet et redescends tout de suite vers Malaucène, non sans stopper plusieurs fois pour admirer le paysage.

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Sault: 25.7 kms, 1152m D+, pente moyenne:4.5%, 1h42, 677m/h, FCMy:147

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Ce même jour était organisé une épreuve cyclo flamande (http://www.monventoux.be/). Des milliers de cyclos de tous âges et genres, se sont lancés dans leurs défis d'une ou plusieurs ascensions au choix. Il y en avait donc partout, à la montée et à la descente, toute la journée. Pour beaucoup n'ayant manifestement pas la forme physique, c'est un véritable exploit de ne faire qu'une seule ascension. Ce qui m'a le plus impressionné est le nombre de personnes manifestement peu sportives et en surpoids plus ou moins important se lancer dans ce combat.

Car on parle bien d'un combat, le mot n'est pas trop fort. Ceux qui en doutent, ceux qui pensent que tout n'est qu'une question de volonté et qu'on peut tout faire peuvent aller s'y essayer. Je pense qu'il y a une vraie valeur éducative d'apprentissage de ce qu'on peut vraiment faire ou pas, avec ses propres moyens. Beaucoup de personnes se croient toutes puissantes sans même se rendre compte qu'elles ne payent pas elle mêmes pour ce qu'elles dépensent (les fameuses externalités). Dans l'ascension d'un col, il n'y a plus de triche possible, il y a toi et tes moyens, et tu n'as pas d'autre choix que de faire avec ce que tu as, et uniquement ce que tu as. Encore faut-il accepter de regarder la vérité en face, beaucoup préférant se trouver une excuse pour ne pas s'y confronter. Une vraie école d'humilité et de réalité, en tous cas, qui ferait beaucoup de bien à notre société je pense si elle était plus largement appliquée.

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D'autres, tel notre ami Alain, décident de faire avec leurs moyens et de partir à la rencontre des gens du monde avec leur vélo à travers l'Amérique du sud, sans embêter personne. Le destin a fait que tu ne rentreras malheureusement jamais nous raconter ton périple.

Cette photo a été prise lors d'une de nos sorties communes: un BRM 300 kms de nuit et sous la pluie. On avait fait un arrêt soupe chaude chez un ami qui nous accueillait à 3h du matin. Ton sourire montre ce qu'on peut trouver dans ce genre d'effort.

 

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Dans les environs de Malaucène
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Les Flamands avaient annexé une partie du sommet
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Nouvelle couleurs du club
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Vers Malaucène
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Vue depuis la route de Sault à Chalet Reynard
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Le billard de la montée de Sault
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Dans la montée de Sault, première vue sur le sommet
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L'arrivée à Chalet Reynard
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Coté sud
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Coté nord
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Le Mont Serein en bas
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vue coté nord
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Une image qui montre assez bien la pente
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Dans ce bout droit qui suit, j'avais une fois atteint 92 km/h. J'étais fou.
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Grottes naturelles dans la paroi
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Commentaires  

#1 brigitte jeudi 27 juin 2013 18:47
Superbe ! il faudra que je m'y colle un jour !
#1.1 ericl vendredi 28 juin 2013 10:08
Pour la Team Mont Ventoux, ce sera bien la moindre des choses quand même. Il te reste à choisir si tu commences par Sault pour t'économiser en vue des 2 autres, ou bien si tu finis par Sault pour terminer au plus facile. Personnellement, je préfère abattre le dur d'abord.

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